LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA SANTÉ

  • du 16/03/2016 au 17/03/2016
  • Bourse du travail – 3 rue du Château d'eau 75010 - Paris
  • sur inscription ; http://neplusperdresaviealagag
  • Durée : 2 journées (de 9 h 00 à 16 h 00)

Nous sommes confronté-e-s à des organisations du travail de plus en plus violentes et à des
employeurs qui nient ou banalisent les dégâts humains engendrés, quand ils ne les mettent pas dans
la balance du chantage à l’emploi. Combien de nouvelles victimes des produits toxiques inhalés
au travail ? Combien d’apprentis, d’intérimaires ou de salarié-e-s sous-traitant-e-s soumi-se-s à
des travaux dangereux, dans l’indifférence du donneur d’ordres ? Combien de pathologies
générées par des travaux de nuit injustifiés ? Jusqu’où iront l’accélération des rythmes et la
réduction des marges de manoeuvre des travailleur-se-s, et qui peut espérer échapper aux
troubles musculo-squelettiques, aux atteintes à la santé mentale qui en découlent ? Où
s’arrêtera le mépris des directions pour la réalité de notre travail, de son sens, et de ses
conditions de réalisation ?
L’année 2015 est marquée par l’accélération des attaques contre les droits des travailleur-se-s sur
le champ de la santé au travail avec l’adoption notamment de la loi Rebsamen. Cette remise en
cause des Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) intervient après
d’autres réformes visant à affaiblir le pouvoir d’intervention de la médecine du travail et de
l’inspection du travail. Plus récemment encore, c’est l’annonce par le gouvernement, à la suite du
rapport Combrexelle, d’un projet de loi visant à la refonte complète du code du travail.
L’objectif est manifestement, sous couvert de pseudo négociation, de réduire les obligations
des employeurs notamment sur le champ de la santé et de la sécurité.
Qui en parle, qui dénonce, qui alerte ? Certainement pas les médias dominants. Quant au
gouvernement, son principal objectif semble être de faire taire les acteurs qui ont pour mission
de préserver la santé des travailleur-se-s. Pendant que des campagnes de santé publique nous
incitent à bouger, manger des légumes ou arrêter de fumer, l’État contribue à rendre invisibles
les dégâts de l’exploitation salariale. Tout est fait pour que la santé au travail ne soit pas ce
qu’elle est : une question politique.
Pourtant, sur le terrain, les batailles continuent. Travailleur-se-s, militant-e-s syndica-les-ux,
élu-e-s du CHSCT, médecins et inspecteur-rice-s du travail, avocat(e)s, intervenant(e)s auprès des
CHSCT et bien d’autres, nous luttons, au quotidien, pour tenter d’empêcher la casse, améliorer les
conditions et gagner de nouveaux droits. Nous avons besoin d’unir nos forces, de partager nos
connaissances, nos pratiques, nos luttes et nos victoires.

Qu'est-ce que c'est, et à quoi ça sert ?
Ce sont deux journées :
Ouvertes à tou-te-s, travailleur-se-s du privé et du public, équipes militantes, chercheu-ses-rs,
professionnel-le-s de la santé au travail, juristes, etc…
Pour partager nos connaissances, nos pratiques et nos savoir-faire de lutte, pour échanger et
trouver les ressources qui nous manquent dans nos batailles quotidiennes, pour renforcer nos
réseaux, trouver plus d'allié-e-s, pour partager nos victoires, parce qu'il y en a, et pour sortir de
cet isolement qui empêche qu'elles soient plus nombreuses et plus fortes.
Pour élaborer des revendications communes, pour bâtir des campagnes en faveur de la santé
des travailleur-se-s, pour construire dans la durée des mobilisations.
Qui les organise ?
Le Collectif pour la santé des travailleuses et travailleurs, qui est issu de l'appel « Pour ne pas
perdre sa vie à la gagner » lancé en janvier 2015. Le Collectif regroupe à ce jour des
organisations syndicales interprofessionnelles de la CGT, de Solidaires, des syndicats
professionnels de médecins du travail, d’avocats, de magistrats, d’inspecteur-rice-s du travail,
des associations et des individus, chercheur-se-s et professionnel-le-s de la santé au travail. Ce
collectif est ouvert aux organisations et individus qui souhaitent le rejoindre.
Qui va s'y exprimer, et sur quel sujet ?
En plus des séances plénières consacrées notamment aux enjeux et menaces actuelles pesant
gravement sur la santé au travail, les États généraux seront organisés en ateliers, afin de
pouvoir travailler collectivement sur différents sujets. Il s'agit de partir de situations réelles de
travail, de faire l'inventaire des initiatives, ressources et dispositifs existants pour y répondre,
et d'en construire de nouveaux.
De nombreux thèmes sont possibles : risques chimiques ; travail de nuit ; sous-traitance,
intérim et responsabilité du donneur d'ordres ; reconnaissance des accidents du travail et des
maladies professionnelles ; nouvelles organisations du travail ; action du CHSCT ; santé au
travail dans les PME ; etc.

contact@neplusperdresaviealagagner.org

Bourse du travail – 3 rue du Château d'eau 75010 Paris